Crédit d'impôt pour l'acquisition ou la construction de l'habitation principale.
Afin de favoriser l'accession à la propriété et le pouvoir d'achat des ménages, un crédit d'impôt est institué au titre des intérêts des prêts contractés pour l'acquisition ou la construction d'un logement affecté à la résidence principale du contribuable.
Les personnes bénéficiaires :
Ce sont les personnes qui empruntent pour acquérir un logement à
titre de résidence principale.
Seuls les contribuables « fiscalement domiciliés en France »
peuvent bénéficier du crédit d'impôt (foyer
ou lieu de séjour principal, activité professionnelle, centre
de leurs intérêts économiques en France).
Ces contribuables peuvent acquérir ou construire leur logement directement ou par l'intermédiaire d'une société non soumise à l'impôt sur les sociétés « qui le met gratuitement à leur disposition ». Dans ce dernier cas, le logement ne doit pas avoir antérieurement appartenu au contribuable directement ou par l'intermédiaire d'une société non soumise à l'impôt sur les sociétés. Il s'agit d'éviter le montage consistant à vendre à une SCI le logement d'un associé puis à le mettre gratuitement à sa disposition.
La condition de primo-accédant n'est pas indispensable pour bénéficier de ce crédit d'impôt.
Les logements concernés :
Ce sont ceux qui remplissent deux conditions : l'affectation du logement
à l'habitation principale et le respect des normes minimales de surface
et d'habitabilité.
L'affectation à l'habitation principale :
Le logement faisant l'objet du prêt doit, à la date du paiement
des intérêts, être affecté à l'usage de l'habitation
principale du contribuable. L'habitation principale s'entend du logement où
résident habituellement et effectivement le contribuable et les membres
de sa famille et où se situe le centre de leurs intérêts
professionnels et matériels.
Logement en cours de construction ou acquis en l'état futur d'achèvement :
Le contribuable qui fait construire son logement ou l'acquiert en l'état
futur d'achèvement peut bénéficier du crédit d'impôt
si le logement est destiné à être affecté, dès
son achèvement, à son habitation principale.
Les intérêts des prêts contractés en vue de financer l'acquisition du terrain et les dépenses de construction, versés avant l'achèvement du logement, peuvent être pris en compte si le contribuable prend l'engagement d'affecter ce logement à son habitation principale, au plus tard le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de la conclusion du contrat de prêt. En cas de non respect de cet engagement, le crédit d'impôt fera l'objet d'une reprise.
Changement de situation professionnelle en cours de remboursement :
Si le bénéficiaire, à la suite d'une mutation professionnelle,
doit changer de résidence principale, le crédit d'impôt
est encore applicable. Les intérêts versés par ce contribuable
entrent dans l'assiette du crédit d'impôt, malgré l'impossibilité
d'affecter le logement objet du prêt à l'habitation principale.
Toutefois, pour éviter un cumul de crédit d'impôt, la résidence
principale que quitte le contribuable ne doit pas être louée, mais
doit rester vacante, et le contribuable ne doit pas avoir fait l'acquisition
d'un nouveau logement affecté à son habitation principale ou destiné
à l'être.
Le respect des normes minimales de surface et d'habitabilité (CGI :
art. 244 quater J / CCH : art. R. 318-3)
Au jour de l'affectation à l'habitation principale, le logement doit
satisfaire aux normes minimales de surface et d'habitabilité : il
s'agit des mêmes normes que celles applicables au prêt à
taux zéro (CCH : art. R. 318-3 annexe 6).
Le logement doit notamment respecter des normes dimensionnelles, et comporter
des équipements suffisants (sanitaire, chauffage, électricité,
gaz, etc...).
La nature
des emprunts pris en compte :
Seuls les prêts contractés auprès d'un établissement
financier sont pris en compte, ceux octroyés par des personnes physiques
sont donc exclus.
Les intérêts des prêts souscrits dans un Etat membre de la Communauté européenne ouvrent également droit au crédit d'impôt.
Les intérêts
des prêts souscrits pour se substituer aux prêts initiaux ou rembourser
ceux-ci, ouvrent droit au crédit d’impôt dans la limite des
intérêts qui figurent sur les échéanciers des emprunts
initiaux et de celle des annuités restant à courir.
Sont exclus de l'assiette du crédit d'impôt les intérêts
des prêts affectés au remboursement de tout ou partie d’autres
crédits ou découverts en compte (pas de regroupements de prêts
immobiliers et de prêts à la consommation), ainsi que les frais
d'emprunt et les cotisations d'assurance contractées en vue de garantir
le remboursement des prêts.
Les opérations financées par l'emprunt :
Il s'agit des opérations d'acquisition d'un logement neuf, d'un logement
ancien suivi ou non de travaux immédiats, de l'achat d'un terrain suivi
d'une construction.
Si l’on s’en tient au texte de loi, le prêt devant être
contracté pour l'acquisition ou la construction de l'habitation principale,
les prêts destinés à financer des travaux de rénovation
ne devraient pas être retenus. Toutefois, les débats parlementaires
semblent ouvrir le bénéfice du crédit d’impôt
aux intérêts des prêts souscrits pour financer à la
fois l’acquisition et les travaux qui lui sont concomitants et rattachables.
Ainsi, devraient pouvoir être pris en compte les intérêts
des prêts destinés à financer les travaux consistant en
l'aménagement interne d'un immeuble dont l'objet est de créer
un nouveau local d'habitation ou encore l'acquisition d'un immeuble affecté
à un usage autre que d'habitation et les travaux de transformation nécessaires
(transformation d'un bâtiment à usage agricole par exemple).
En revanche, les intérêts des emprunts destinés à
financer les dépenses courantes d'entretien et de réparation d'un
immeuble n'ouvrent pas droit au crédit d'impôt.
La nature de l'avantage fiscal :
L'avantage fiscal prend la forme d'un crédit d'impôt. Il s'impute
sur le montant de l'impôt sur le revenu après application de certaines
réductions d'impôt desquelles peut bénéficier le
contribuable. Si le crédit d'impôt excède l'impôt
dû, cet excédent est restitué au contribuable, il profite
donc également aux personnes non imposables qui recevront dans ce cas
un chèque du Trésor Public. Il est limité dans le
temps puisqu'ouvrent droit au crédit d'impôt les intérêts
payés au titre des cinq premières annuités de remboursement.
Calcul des annuités :
Le point de départ du calcul des intérêts payés au
titre de la première annuité serait celui de la mise à
disposition des fonds et non la date anniversaire du contrat de prêt (précision
qui reste néanmoins à confirmer).
Chaque annuité d’intérêt est déterminée
de mois à mois. Pour les contrats de prêt conclus en cours d’année,
les contribuables pourront donc bénéficier de six crédits
d’impôts consécutifs, le premier et le dernier correspondant
à une fraction d’annuité.
Par exemple, pour un prêt souscrit le 1er septembre 2007 dont la première échéance de remboursement intervient le 1er décembre 2007, seuls les intérêts payés au cours du dernier mois de 2007 seront pris en compte et constitueront l'assiette du crédit d'impôt versé en 2008. Lors de la dernière année de remboursement, seuls les intérêts versés avant le 1er décembre 2012 ouvriront droit au crédit d'impôt. En l'absence de répartition dans le temps du plafond du crédit d'impôt, les plafonds annuels seront applicables dans ce cas, même si les intérêts ont été payés au cours d'une période inférieure à un an.
Par ailleurs, si l'on se réfère à la doctrine fiscale (voir
notamment l'instruction fiscale n° 122 du 4.7.95 relative à l'ancienne
réduction d’impôt), lorsque l'emprunt prévoit un déblocage
progressif des fonds, les intérêts dus au titre des sommes débloquées
préalablement au déblocage intégral des fonds empruntés
(intérêts « intercalaires ») sont éligibles
au crédit d'impôt. Dans ce cas, le point de départ de la
première annuité sera la date de la première mise à
disposition partielle des fonds par le prêteur et non la date de déblocage
intégral.
Ce point devra néanmoins être précisé par l’administration.
Bien que limité dans le temps, le dispositif n'est pas nécessairement
destiné qu'à une seule opération : un même contribuable
pourra bénéficier de plusieurs crédits d'impôt successifs
en cas de revente du logement et de souscription d’un nouveau prêt
pour acquérir une nouvelle résidence principale, dans ce cas,
le nouveau crédit d'impôt sera calculé sur les cinq premières
années de remboursement du nouvel emprunt.
Montant des intérêts et plafonds du crédit d'impôt :
Le dispositif actuel est soumis à un double plafonnement :
- le crédit d'impôt est égal à 20 % du montant des
intérêts,
- le montant des intérêts ne peut excéder, au titre d'une
année d'imposition, la somme de 3.750 € pour une personne célibataire,
veuve ou divorcée, et de 7.500 € pour un couple soumis à
imposition commune. Cette somme est majorée chaque année de 500
€ par personne à charge (250 € en cas de garde partagée).
Les montants sont portés à 7 500 € pour une personne
handicapée célibataire, veuve ou divorcée et à 15 000 €
pour un couple soumis à imposition commune lorsque l'un de ses membres
est handicapé.
Plafonds du crédit d'impôt (en €) :
Personne célibataire, veuve ou divorcée |
Couple soumis à imposition commune |
Couple soumis à imposition commune avec une personne à charge |
Couple
soumis à imposition commune avec deux personnes |
Personne handicapée célibataire, veuve ou divorcée |
Couple soumis à imposition commune et dont l'un est handicapé |
|
Plafond des intérêts |
3.750 |
7.500 |
8.000 |
8.500 |
7.500 |
15.000 |
Plafond du crédit d'impôt |
750 |
1.500 |
1.600 |
1.700 |
1.500 |
3.000 |
Toutefois, le Gouvernement envisage de porter de 20% à 40% le taux du crédit d'impôt sur le revenu pour les intérêts payés pendant la première année suivant l'acquisition. Cette mesure devrait être proposée dans le cadre du projet de loi de finances pour 2008 (Allocution de Christine LAGARDE, ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi, 24.8.07).
Date d'application :
Le dispositif s'applique uniquement aux contribuables qui font l'acquisition
d'un logement affecté à l'habitation principale à compter
de la publication de la loi au Journal Officiel (22 août 2007). Le Conseil
constitutionnel a en effet censuré la mesure qui permettait aux contribuables
ayant contracté des prêts depuis 2002, de bénéficier
de l'avantage fiscal. La rétroactivité du dispositif constituait
« une rupture d'égalité entre les contribuables, contraire
à l'objectif poursuivi, de favoriser l'accession à la propriété ».
La volonté du Gouvernement est cependant de permettre l’application
du dispositif aux opérations d’acquisition pour lesquelles l’acte
authentique d’acquisition (il devrait vraisemblablement s’agir de
l’acte notarié) a été signé à compter
du 6 mai 2007 ou aux constructions pour lesquelles une déclaration d’ouverture
de chantier a été effectuée à compter de cette date
(en cas de VEFA, on devrait probablement retenir le contrat de vente plutôt
que la déclaration d’ouverture de chantier).
Cette précision devrait être apportée par la loi de finances pour 2008.
Cumul avec d'autres dispositifs :
Le bénéfice du crédit d'impôt est cumulable avec
le prêt à taux zéro, mais également avec l'ensemble
des prêts bonifiés (ou subventions, Pass foncier, etc…)
dont pourrait bénéficier un contribuable pour l'acquisition ou
la construction de sa résidence principale, dans la limite du plafond
applicable aux intérêts.
Seule la réduction d'impôt sur le revenu en faveur des contribuables
qui investissent dans les départements d'outre-mer (dispositif Girardin)
n'est pas cumulable avec le crédit d'impôt.
Un rapport sur l'impact de la déductibilité des intérêts
d'emprunts devra être rendu public par le gouvernement avant le 1er décembre
2008. Il présentera les incidences économiques et sociales du
crédit d'impôt par comparaison avec le dispositif du prêt
à taux zéro et devra mettre en évidence le coût global
des aides à l'accession à la propriété et les mesures
mises en œuvre pour en contrôler l'efficacité (art. 6).